QUELQUES  ANCIENNES    PARUTIONS

 

 

CAS PARAMORD. OBSESSION ET CONTRAINTE PSYCHIQUE, AUJOURD'HUI

 

Le Cas Paramord s’essaie à un projet inhabituel dans la littérature psychanalytique : livrer le récit d’une cure entière. Or une telle entreprise, déontologiquement délicate, ne se justifie qu’à la lumière d’enjeux graves et généraux. Ce problème fondamental, c’est ici la vieille question de la « contrainte psychique ». Car, selon Pierre-Henri Castel, même si l’enveloppe formelle des symptômes de la névrose obsessionnelle freudienne subsiste, beaucoup parmi nous vivent autrement cette contrainte. Le contexte anthropologique, philosophique et moral de cette mutation est patiemment déplié, enrichissant de façon tout à fait inédite l’analyse clinique.

Mais loin de se réduire à l’illustration d’un point de doctrine, le récit d’une psychanalyse met toujours sur la table ce qu’on juge être la psychanalyse. Aussi l’auteur tente-t-il, en postface, de donner forme conceptuelle à certains mouvements inconscients dans lesquels il s’était trouvé emporté avec son patient. Rêves, affects, étrangetés du langage en ressortent éclairés d’un nouveau jour.

 

Fortement marqué par Lacan et Bion, lecteur critique de Bollas, Ogden et Ferro, Pierre-Henri Castel présente alors la psychanalyse qu’il appelle de ses vœux, ce qui donne à cet ouvrage valeur de manifeste.

Index des noms propres

 

Note de l'éditrice : Ce texte, publié par l'auteur à la suite d'un autre de ses ouvrages, La Fin des Coupables (Ithaque, 2012) est repris maintenant dans la collection Psychanalyse, suivi d'une importante postface : Une hirondelle ne fait pas le printemps…, qui éclaire le matériel clinique à la lumière des études psychanalytiques contemporaines.

 

Pierre-Henri Castel est directeur de recherches au CNRS (Paris Sciences et Lettres, Institut Marcel Mauss, EHESS – Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités, LIER). Ses travaux portent sur l’histoire et l’épistémologie de la médecine mentale, la philosophie de l’esprit et l’anthropologie sociale. Membre de l'Association Lacanienne Internationale (ALI), il exerce la psychanalyse à Paris. Également éditeur, il dirige la Collection « Philosophie, anthropologie, psychologie » aux Éditions d'Ithaque.

 

DE LA LYCANTHROPIE

 

« Lecteur, cet essai n'aurait pas vu le jour si elle ne s'était pas présentée dans mon bureau de psychiatre de l'hôpital Sainte-Anne. Elle, une femme panthère venue trouver asile chez les hommes au sortir de plusieurs jours d'errance diurne et nocturne dans les rues de Paris. Haletante, animale encore dans son apparence, son regard et sa voix, sur les traits de son visage, elle retrouvait forme humaine au fur et à mesure qu'elle me racontait son histoire incroyable. » C'est en tant que psychiatre et clinicien que Jean-Michel Gentizon a enquêté sur le mal méconnu qu'est la lycanthropie.

 

Éditions L'âge de l'Homme

Prix : 20€

 

 

Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman

 

Comment penser le désir sacrificiel qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’islam ?

Cet essai propose une interprétation dont le centre de gravité est ce que j’appelle le surmusulman. Qu’il revête l’aspect d’une tendance ou qu’il  s’incarne, il s’agit d’une figure produite par près d’un siècle d’islamisme. Je l’ai observé dans ses discours et dans ses prescriptions mais aussi à partir de mon expérience clinique....

 

Auteur : Fethi Benslama

Edition du Seuil

Paru le 12-05-2016

15€

 

 

 

L'INCONSCIENT, C'EST LE SOCIAL. DÉSIR ET JOUISSANCE CHEZ NOS CONTEMPORAINS

 

En s’appuyant sur l’aphorisme de Lacan : « L’insconscient, c’est le social », l’auteur explore les difficultés et le dérives de la jouissance dans nos sociétés démocratiques et libérales, égalitaires et individualistes, sexuellement désinhibées mais apathiques, et interroge la place de la psychanalyse.

 

L’auteur mène une petite enquête sur le mal-être de la « seconde modernité », une époque qui tient la jouissance comme drapeau et l’excès comme modèle, non pas pour la stigmatiser mais pour signaler que le gouvernail social est pointé vers une direction : jouir à tout prix, insoutenable pour l’économie psychique. Le psychanalyste ne peut qu’être engagé tant dans le déchiffrage de la contemporanéité que dans le soutien du désir de ses patients. Tâche délicate, qui doit tenir compte de la jouissance du corps, de ses demandes pulsionnelles sans pour autant annuler la subjectivité.

 

Avec la participation de Margherita ANGELICCHIO, Annie CANDIA, Adelina CECCARELLI, Francesca COMANDINI, Dominique ERRANTE, Daniel FELTIN, Joseph GIOGA, Sylvie LANFRAY

 

Traduit par Maryvonne FEBVIN 

Marisa Fiumanò est psychanalyste à Milan, membre de l’Association lacanienne internationale (ALI).

 

Editions Érès

Prix : 20 €

 

Le Bulletin Freudien est la revue de l'association freudienne depuis 1984. 

(bulletinfreudien@association-freudienne.be).

 

Sommaire ->

 

JOURNAL DE BORD N°5 DE L'ÉCOLE PSYCHANALYTIQUE DE SAINTE-ANNE

Sait-on ce qu’est un acte ?

 

Nous sommes rattrapés par une "clinique de l'acte" mais au delà de sa description d'évidence qu'appelle-t-on, en psychopathologie, un acte ?

Peut on parler d'un acte isolé sans un contexte ? Et particulièrement sans la rencontre d'une forme de "discours"?

La psychiatrie et la psychanalyse apportent-elles à cette actualité des clés de lecture qui leurs soient propres ?

La notion même de "passage à l'acte " est mise en valeur par Jacques Lacan au long de son séminaire : dans celui sur "l'Angoisse" également dans "La logique du fantasme", curieusement moins dans celui intitulé "L’acte psychanalytique."

 

 

LA CÉLIBATAIRE N° 31.

 

RÉFLEXION SUR LES IMPOSSIBLES TRANSMISSIONS DE LA PSYCHANALYSE

 

Éditions EDP Sciences

Prix 25€

 

 

 

 

 

JOURNAL FRANÇAIS DE PSYCHIATRIE

Se réclamant d’une tradition clinique, libérale et humaniste, le JFP souhaite favoriser une psychiatrie qui reconnaisse dans la psychose une variété de notre folie ordinaire. Sa méthode rigoureuse, car respectueuse des progrès aussi bien de la psychanalyse que des neurosciences, s’adresse aux spécialistes mais aussi, grâce à des articles clairs et concis, à ceux que concernent les humanités.


Rédacteurs en chef : 
Charles Melman et Marcel Czermak.

Secrétaire de rédaction : Thierry Jean

 

N° 42  : Psychose maniaco-dépressive ou trouble bipolaire ?

Coordonné par Jean-Marie Faucher

 

Érès

Lire sur Cairn

Sommaire ->

 

La Revue Lacanienne n° 17

La politique après Freud et Lacan

 

Responsables du dossier : Pierre-Christophe CATHELINEAU, Jean-Jacques TYSZLER

Avec la participation de Norbert BON, Jean-Luc CACCIALI, Alain CAILLE, Elsa CARUELLE-QUILIN, Marc DARMON, Yorgos DIMITRIADIS, Jean GARRIGUES, Omar GUERRERO, Nazir HAMAD, Marie JEMMA-JEJCIC, Angela JESUINO-FERRETTO, Hélène L'HEUILLET, Claude LANDMAN, Hervé LE CROSNIER,Charles MELMAN, Cyrille NOIRJEAN, Jean-Baptiste PARA, Thierry ROTH,Dominique ROUSSEAU, Emmanuelle SALES, Esther TELLERMANN, Stéphane THIBIERGE, Anne VIDEAU, Dan XU

 

Editions Erès

Prix : 26 €

Sommaire -> 

 

 

Lacan est certainement un élève de Freud puisque l’œuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude malgré le nombre de ses disciples qu’il a assumée au sein d’une capitale, d’un milieu, d’une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles. Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c’est le rôle du langage en tant qu’il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s’appelle l’inconscient et qui, à notre insu – insu de mauvais gré – dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

Charles Melman est le fondateur et l’inspirateur depuis 1982 de l'Association lacanienne internationale. Il était le chargé d’enseignement de l’École freudienne de Paris fondée par Lacan et le responsable de sa revue Scilicet. Il dirige actuellement la Revue lacanienne et Le Journal français de psychiatrie (JFP) publiées aux éditions érès. En plus de ses nombreux séminaires développant un abord nouveau sur l’hystérie (Nouvelles études sur l’hystérie, érès, 2010 ; La névrose obsessionnelle, érès, 2015 ; Les paranoïas, érès, 2014 ; Schreber, l’Inconscient etc., il a publié L’homme sans gravité (Denoël, 2002, réédition Folio, 2005) et La nouvelle économie psychique (érès, 2009) qui témoignent de sa perception fine et sensible de la vie de notre époque. Il a fondé l’École Pratique des hautes études en psychopathologie (EPhEP).

 

Editions Erès Parution : 16 mars 2017 EAN : 9782749254388 Prix : 23€ Psychanalyse - ALI

 

Copyright © 2015 Freud et Lacan par l'Association lacanienne internationale, reconnue d'utilité publique - Tous droits réservés

 

 

 

Charles Melman

 

Lacan tout contre Freud

 

Séminaire de Charles Melman.

Préface de Claude Landman

 

Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C’est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

 

 

Retour sur parutions

 

Haut de page

 

 

 « Un enseignement analytique n'est assurément pas fait pour se limiter au domaine thérapeutique, mais pour arriver à prendre dans une même perspective problèmes cliniques, institutionnels et sociaux », affirme Marcel Czermak au fil de ce séminaire.

Des conflits les plus ordinaires aux graves problèmes médico-légaux, la question de l’acte constitue une des questions cliniques les plus difficiles, les plus délicates, les plus énigmatiques que les praticiens ont à affronter. 

Entre ce que la doctrine a nommé « acting out «  et «  passage à l'acte », il existe un flou tant dans leur approche et que dans leur aspect. Pourtant, les différences entre ces termes établis comme des repères ont des incidences thérapeutiques, juridiques et sociales considérables.

Ce séminaire inédit de Marcel Czermak contribue à une clarification nécessaire en proposant un certain nombre d’apports aux thèses de Jacques Lacan sur cette question. Son objectif est d’aider les médecins, les juristes, les psychanalystes à avoir un coup d’œil plus éclairé devant ce qu’on appelle un acte, que ce soit au quotidien ou dans les conjonctures les plus graves de la vie sociale.

 

Passage à l’acte   et  Acting out

par Marcel Czermak

 

Souhaitons-nous traiter la chimie du cerveau pour une efficacité symptomatique immédiate ? Ou choisissons-nous, dans un projet plus durable, d’aider un enfant à cheminer par la parole à partir de sa souffrance ? Ou les deux simultanément ?

 

Sur ce sujet sensible, aux multiples enjeux, les cliniciens ont besoin de repères précis et rigoureux pour ajuster au mieux leur position thérapeutique et évaluer le « sur mesure » le plus pertinent pour chaque enfant ou adolescent. C’est ce que propose cet ouvrage, à partir de l’expérience de praticiens de la clinique singulière ou institutionnelle et des prescripteurs de traitements appropriés.

 

Nous assistons aujourd’hui à une inversion de ces valeurs : alors que les connaissances se développent sans fin, la question du savoir ne semble plus requise, voire même refusée pour déterminer notre rapport à la vérité. C’est peut-être à partir d’une telle constatation que Jacques Lacan propose en 1975 « un savoir-y-faire » avec le symptôme comme une des issues possibles de la cure, pointant ainsi une des limites de l’efficace du savoir et de la vérité dans la résolution du symptôme.

 

L’avènement de la méconnaissance comme norme sonne le glas de l’opposition jusque-là en vigueur, celle du vrai et du faux, qui gouvernait la validité des postulats bornant l’espace des semblants. Se creuse alors l’écart entre Réel du sujet et Réel de la science !

 

Le terme de refus de savoir engage une topologie complexe. Avons-nous affaire à l’irruption de nouvelles modalités du refus de savoir ? Ces modalités entraînent-t-elles dans la constitution de l’être parlant des modifications de notre clinique et de nos pratiques ?

 

 

Peut-on grâce aux médicaments éviter aux enfants les embarras psychiques liés à leur développement et aux accidents de la vie ? Risque-t-on, en gommant artificiellement les difficultés, de court-circuiter le travail intérieur nécessaire à chacun pour frayer son propre parcours face aux exigences de la vie, organique, psychique et sociale ?

 

Les médicaments psychotropes sont des substances chimiques susceptibles de modifier l’activité mentale. S’ils peuvent avoir des effets bénéfiques indiscutables et reconnus chez les adultes, les prescrire à des enfants divise les praticiens quant aux objectifs recherchés dans des situations cliniques différentes : difficultés scolaires, troubles du comportement, dépressions, troubles du sommeil, difficultés de l’attention, agitation, etc.

 

 

 

 

Le bonheur des enfants sur ordonnance ?

Le recours aux médicaments du psychisme

 

Sous la direction de  BERGÈS BOUNES Marika et FORGET Jean-Marie,

avec  CALMETTES Sandrine, FERRON Catherine, REY Christian

 

Avec la participation de Jean-Louis CHASSAING, Anne ENOT, Lola FORGEOT, Stéphane FOURRIER, Jamila HAMDANI, Patrick LANDMAN, Évelyne LENOBLE, Constance PRIEUR, Louis SCIARA,

Corinne TYSZLER, Pablo VOTADORO

 

 

« Qu’y a-t-il de vif, de libre, d’intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s’empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la

place de la recherche, ces paroles d’enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d’un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d’un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l’inconscient éclaire d’un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d’invention. » Christiane Lacôte-Destribats

 

À la suite de Lacan tout contre Freud (Érès, 2017), ce volume représente la deuxième partie du séminaire qu'a tenu Charles Melman durant les quatre années, sous le titre Lecture raisonnée et critique des œuvres de Freud et de Lacan. À partir des textes de Freud ou de Lacan (et de tant d'autres) qu'il cite, il analyse les événements du monde contemporain et surtout il interroge ces signifiants qu'on utilise abusivement en en ignorant le sel et qui semblent si évidents. Charles Melman ne manie pas les concepts, c'est le Réel, au sens lacanien, qui le guide, c'est-à-dire ce qui lui vient du divan.

 

Lacan élève effronté et impitoyable de Freud

 

Charles Melman

 

Préface de Christiane Lacôte-Destribats

 

 

 

 

Notre modernité produit de nouveaux environnements signifiants - nouvelles familles, culte de la performance, instantanéité des échanges, etc. - qui prédisposent à un monde sans limites, dans lequel une nouvelle économie psychique privilégie le déni ou refoulement, l'anesthésie à l'introspection.

Pour autant, qui d'autre que l'analyse peut entendre la vérité du sujet en deçà des difficultés auxquelles il est confronté.

 

La collection des Cahiers de l’ALI, qui trouve ici une nouvelle forme éditoriale, retrace les thèmes et les contenus des Journées de travail de l’Association lacanienne internationale, à Paris, dans les différentes villes et régions, et dans les divers pays dans lesquels ces journées ont eu lieu.

Ces Cahiers permettent ainsi à la fois de lire les Actes des journées, d’appréhender une cartographie des écoles de travail de la psychanalyse, et de se rappeler les différents faits marquants au long de l’histoire de l’association.  Travail, association et écoles sont des signifiants qui portent et importent.

 

 

Pourquoi la psychanalyse, aujourd'hui ?

 

COLLECTIF

 

Dès les années 1956, Jacques Lacan rapprochait l’opposition méconnaissance-savoir de la problématique platonicienne episteme-doxa, organisation d’un savoir valorisé, et sa forme dite dégradée ; il y reconnaîtra la structure du sujet dans le champ du politique.

 

Les modalités du refus de savoir recouvraient alors plus ou moins parfaitement les mécanismes de défense qui constituent l’essentiel de la clinique quotidienne du psychanalyste : mensonge, refoulement, déni, récusation, forclusion, passion de l’ignorance… Ces mécanismes se retrouvent encore dans l’espace social, tant au niveau individuel que collectif et doivent être interrogés au regard des derniers développements de la recherche de Jacques Lacan.

 

 

 

 

 

 

 

LA REVUE LACANIENNE N°20 - DU REFUS DE SAVOIR

 

COLLECTIF

 

 

Psychologie de l'immigration

 

Par HAMAD Nazir, MELMAN Charles

 

 

JOURNAL FRANÇAIS DE PSYCHIATRIE - NUMÉRO 47

 

GOLDER Eva-Marie

 

Dans ce deuxième numéro que le JFP consacré à la clinique infantile (voir n° 46 : Heurs et malheurs de la clinique infantile), les auteurs approfondissent les approches cliniques et thérapeutiques en mettant en lumière des questions fondamentales. Si certaines difficultés sont en lien direct avec des phénomènes sociétaux sur lesquels nous n’avons pas, ou si peu, de prise, des ouvertures se font grâce à l’inventivité des différents praticiens, qu’ils soient enseignants, psychanalystes, médecins. Leurs témoignages montrent qu’en faisant confiance à la dynamique du désir de l’enfant, en prenant en compte sa parole, ils donnent à l’enfant lui-même les possibilités de montrer le chemin, à condition que l’adulte ne se dérobe pas à ce que l’accompagnement d’un sujet en construction implique de son propre désir.

 

Eva-Marie Golder est psychanalyste, docteur en psychologie. Élève de Françoise Dolto, elle exerce en cabinet libéral à Paris et a une pratique institutionnelle en cmpp. Elle a enseigné une quinzaine d’années à l’université de Strasbourg.

 

 

 

 

Mais qu’est-ce que c’est donc un noir ?

Et d’abord un noir c’est de quelle couleur ?

 

Jeanne Wilford

 

« Un fil à guidé cet ouvrage : préciser les conditions symboliques nécessaires au refoulement de la jouissance qui conditionne pour les êtres qui parlent l’émergence de désir. »

« Il m’a été imposé par des questions venues de ma pratique de la psychanalyse avec des femmes et des hommes dont les histoires singulières se sont trouvées inscrites dans l’histoire qui a fondé et structuré les sociétés de la Guadeloupe et de la Martinique. »

 

« Dans ces colonies géographiquement séparées de leur métropole, a été inaugurée et institutionnalisée une perversion coloniale de la structure symbolique du langage. »

 Edition des crépuscules

 

Notre ami Jean-Paul Hiltenbrand, penché sur notre Association depuis qu’elle était au berceau, vient de publier dans la collection Humus dirigée par Jean-Pierre Lebrun chez Érès La condition du parlêtre.

 

La première que ce livre heureusement souligne est sa tendance à être oubliée effectivement, et comme chez de nombreux élèves de Lacan, à écarter la préséance et l’originalité de la leçon que celui-ci tire de Freud. Il est vrai que la première conséquence de cette leçon est d’alléger singulièrement la vanité des propos tenus tout en prenant au sérieux les effets de leur bouffonnerie.

 

On sait que Lacan n’hésitait pas à en revêtir l’habit et en faire sonner les grelots, quitte à passer pour un comique. Mais ce qui ne l’est pas est l’écriture des algorithmes, du graphe, des nœuds, des tresses susceptibles de rendre compte de cette malheureuse condition, puisque c’est à sa trituration par le langage que notre espèce doit sa con-diction, le culte du symptôme.

 

Jean-Paul Hiltenbrand a pris ainsi depuis toujours le parti du sérieux des effets pour étudier et développer l’enseignement de Freud, vérifié dans l’original, et de Lacan, vérifié dans nos transcriptions.

La psychanalyse lui doit le développement d’un groupe assez puissant pour agir sur la vie culturelle de la région. L’ouvrage qui vient de paraître nous embarque pas moins.

 

Charles Melman

6 septembre 2019

 

 

 

 

NOTE de LECTURE

à propos du livre de Jean-Paul Hiltenbrand.

 

           

Vive Grenoble

 

 

Quelle est l’importance du langage et de la parole dans la vie de l’homme ? Cette interrogation n’est pas seulement celle de la psychanalyse mais bien celle vitale de l’être humain qui ne saurait se développer en dehors de ce champ de parole. L’expérimentation du roi Frédéric II de Hohenstaufen l’atteste : aucun nourrisson n’a survécu à la privation de parole.

La question se pose à nouveau frais aujourd’hui où le déficit de la fonction de la parole est notable, dans la culture numérique, les neurosciences ou l’intelligence artificielle.

L’auteur propose une lecture ouverte de ce que Freud, puis Lacan et d’autres (notamment ses patients) nous apprennent de la condition humaine. Il part à la rencontre, non de l’homme psychologique, de l’homme philosophique ou de la religion, mais de l’homme du défaut et du manque, celui qui anthropologiquement se définit avec Lacan comme un « parlêtre », un être de parole qui échoue et produit des symptômes.

 

La condition du parlêtre

 

par Jean-Paul Hiltenbrand

 

Les psychanalystes relèvent, depuis surtout deux ou trois décennies, que les mutations des discours sociaux ne sont pas sans effet sur la subjectivité individuelle. Ils ont plus de mal à penser, malgré quelques indications de Lacan, que « l’inconscient c’est la politique ». L’inconscient, affirme-t-on généralement, c’est la présence en nous de l’infantile et du sexuel. Mais une telle définition ne nous ferait-elle pas manquer quelque chose ? Ne témoigne-t-elle pas d’une conception réductrice de l’objet de la psychanalyse, une conception qui interdit de voir, par exemple, la place centrale qu’a la question du pouvoir dans l’inconscient ? Pire, ne repose-t-elle pas sur un véritable refoulement?

Ce livre entreprend de lever ce refoulement. Loin de tout simplisme qui inciterait l’analyste à « prendre parti », l’auteur aborde de très nombreuses questions – du sujet à l’objet, du désir au fantasme, du plaisir à la jouissance – que la psychanalyse contemporaine pourrait avoir à élaborer autrement.

 

Roland Chemama ouvre une perspective originale sur la dimension politique de l’inconscient, en grande partie refoulée par la psychanalyse jusqu’à nos jours. Cet ouvrage tente de rendre compte de façon précise des articulations entre la politique comme régulation collective des rapports sociaux, et la démarche psychanalytique, qui concerne d’abord le sujet individuel, mais qui rencontre vite le problème des déterminations sociales de la subjectivité. Il engage un dialogue avec quelques sociologues, philosophes ou théoriciens de la politique, mais surtout il relit de façon critique quelques-unes des questions les plus essentielles posées par les psychanalystes eux-mêmes.

 

 

La psychanalyse refoule-t-elle le politique ?

 

Roland Chemama

Le travail auprès de nourrissons en retrait relationnel (ou à risque d’autisme) nous oblige à repenser l’importance du corps dans la mise en place des interactions précoces. Les premiers ratages observés constituent les racines de ce que seront les difficultés du petit sujet humain en devenir. Ce numéro revisite les bases de la relation précoce. Il tente de cerner les éléments provenant du bébé, notamment de son système moteur qui pourraient venir brouiller la mise en place des premiers échanges avec ses parents. Les prédispositions génétiques du bébé jouent un rôle indéniable dans la cascade d’événements qui mènent à l’autisme. Comment affectent-elles la mise en place de la vie psychique du bébé et ses possibilités relationnelles ? Quand les difficultés organiques et motrices sont identifiées, comment en tenir compte pour aider le bébé sans le réduire à un organisme à rééduquer ? Chaque auteur par son expérience auprès de bébés ou dans le champ de l’autisme apporte un éclairage différent à la question des interactions précocissimes.

 

 

Avec la participation de Pascale AMBROISE, Hervé BENTATA, Marika BERGES-BOUNES, Dorota

CHADZYNSKI, Marie COUVERT, Catherine DOLTO, Christian DUBOIS, François FARGES, JeanClaude FAUVIN, Claire FAVROT-MEUNIER, Catherine FERRON, Eric GILLI, Souad HAMDANI, MarieChristine LAZNIK, Chantal LHEUREUX-DAVIDSE, Catherine SAINT-GEORGES, Édith THOUEILL

JFP n°49 : Bébés à risque d'autisme : des troubles sensori-moteurs à l'émergence de la vie psychique

 

Coordonné par Annik Beaulieu

A propos de l'auteur

Annik Beaulieu est docteur en psychologie, psychanalyste, ostéopathe

Sommaire ->

L'immigration est une opération d'adoption à l'envers. On ne va pas à l'étranger à la recherche d'un enfant à adopter, c'est l'étranger qui vient chez nous pour se faire adopter par le pays.

Mais pour qu'il y ait adoption. Il faut qu'elle soit double : les parents adoptent l'enfant et l'enfant les adopte au même titre. Pareillement, la France adopte, mais il faut que l'immigré l'adopte au même titre.

Cette adoption mutuelle ne laisse pas les protagonistes à la même place. Quelque chose bouge et change pour tous. Ce changement implique un gain et une perte. Il s'agit d'un tout où l'on n'a pas le droit de choisir.